Suite du récit, écrit les 30 et 31/07/05
A compter de 20h30, je guette l’arrivée de JF en voiture à la barrière de l’hôpital …
Dès que je l’aperçois, tout se précipite (me serais-je contenue jusque là ?) : les contractions deviennent très intenses (douleur : 7/10 :0003:), elles sont brèves mais très rapprochées.
Je continue d’adopter les positions qui me soulagent le plus, et qui ont le mérite d’accélérer le travail : 4 pattes, alterné avec la position accroupie + bras et dos en extension. J’effectue mes respirations abdominales comme une pro. :0004:
Jean-François arrive, sous ses dehors :0023: je le sens nerveux à la vue de ma douleur, il active le chrono (contractions espacées de seulement une minute) et amorce les 100 pas jusque la porte ouverte de ma chambre, hi hi hi. L’infirmière ou aide-soignante me répète que les sages-femmes du rez-de-chaussée sont prévenues, oui mais j’aimerais autant ne pas accoucher là-haut moi (quoi que...), pourvu qu’une salle soit libre en bas (ce qui n’était pas le cas vers 18 heures : complet !).
Un peu avant 21 heures on vient me chercher, oups une méga contraction me cloue dans l’ascenseur, la jeune élève qui nous accompagne semble toute pâle et effrayée d’après JF !
Arrivée en salle d’accouchement : rien n’est prêt évidemment et pour mettre tout le monde dans le bain je déclare que j’ai envie de pousser !
Sur la 2ème contraction, la SF m’indique comment respirer car je commence à perdre un peu le contrôle :0081: , avec l’aide-soignante elles se dépêchent de tout installer, de s’habiller, et la SF procède très vite à l’examen : « et bien vous êtes à dilatation complète ! » ; désolées et la voix inquiète, elles m’annoncent qu’il est trop tard pour la péridurale et soulagées nous entendent répondre en cœur : ça tombe bien on n’en voulait pas !
La sage-femme, Karine (je découvrirai son prénom dans le carnet de santé : pas eu le temps de se présenter !) nous indique que la tête de bébé n’est pas encore engagée, ça peut prendre ½ heure encore.
La perf’ est posée, la table prête, les étriers fixés, je demande s’il est possible que j’accouche sur le côté, « oui-oui » et si problème on me fera tourner sur le dos, c’est parfait que demander de plus ? J’ai envie d’embrasser la SF !:0010:
A ma demande, on me passe le masque de protoxyde d’azote car j’ai vraiment du mal à gérer mon souffle lors des contractions et ça me stresse ; mais impossible de respirer dans cet engin, au bout de 5 minutes j’abandonne car je concentre mal mon énergie à m’énerver sur ce truc débile qui ne fonctionne pas et dans lequel je m'asphyxie!
La SF est adorable, elle m’encourage, entre 2 contractions me caresse la jambe surélevée (la gauche ... heureusement que je me suis épilée hein mdrrrrr), JF m’aide à gérer ma respiration, me tient la main, me donne de la force, que c’est bon de l’avoir là même si il me répète plusieurs fois « ne te mords pas hein » ce qui m’énerve bien, comme si j'allais m'auto-mutiler, ça fait déjà assez mal comme ça.
Grrrr j’ai envie de pousser, allez on y va : une première fois oh que ça fait mal (10 sur une échelle de 10), je souffle et je grogne, je sens la tête de mon bébé engagée, mon corps écartelé et douloureux (j’ai eu le temps de supplier la SF de ne pas me couper, point sur lequel elle me rassure à 100 % : elle n’a rien dans les mains (mdr), elle est loin de pratiquer l’épisio systématique et n’y aura recours qu’en cas de nécessité absolue).
2ème poussée : quelle douleur, je sens la SF qui masse en même temps le pourtour du périnée et j’ai l’impression que c’est ce qui me fait le plus mal !
Elle nous dit que la prochaine sera peut-être la bonne, la contraction arrive, JF et la SF m’encouragent, je pousse et me retiens pour ne pas crier, je geins, je pousse, la tête est sortie quel soulagement, la SF me dit « ne poussez surtout plus », je sens qu’elle tourne bébé et hop le reste du corps suit en douceur, on me tend mon bébé je n’en reviens pas, plus que l’émotion brute de tenir enfin mon bébé contre moi, qui m’avait submergée pour Elise, je suis subjuguée de ce que je viens de réaliser : mettre au monde mon tout petit aussi naturellement, de manière aussi conforme à mes plus beaux rêves…
Je n’ai plus mal, je regarde l’entrejambe de bébé « c’est une fille » et nous souhaitons la bienvenue à Léonie, heureux, comblés…

Elle est belle ma puce, elle me cherche du regard, je lui offre cet échange intense, je lui parle, je la câline que d’amour déjà ! Et pendant deux heures je vais pouvoir la garder contre moi, peau contre peau, je la confierai juste un peu au papa (quand même !) et à la SF qui au bout de 10 minutes- ¼ d’heure environ va la mesurer et faire le minimum de manipulations sur ma Léonie, qui ne prendra son premier bain que le lendemain avec papa comme je le souhaitais (elle est sortie si propre !)

Ni épisio ni déchirure, victoire ! Juste trois « éraillures » qui ne nécessitent pas de points de suture, ouf.
Vers 23h30, on habille ma Léonie qui, avec ses 52 cm, est à l’étroit dans sa tenue naissance (elle a surtout de très longs membres !) ; on nous monte en chambre et voici le séjour à la maternité qui s’amorce, je refuse qu’on prenne ma poupette pour la faire dormir à la pouponnière, d’ailleurs ces deux premières nuits ma bébé lionne a dormi tout contre moi. Je me sens comme un mammifère : je la renifle, j’ai envie de la croquer, de la lécher, je l’aime je l’aime je l’aime :0091: :0091: :0091:!
Après quelques difficultés pour bien la positionner au sein, qui m’occasionnent quelques crevasses, l’allaitement semble bien démarré puisqu’au bout de 24 heures bébé Léonie prend le sein à la perfection et semble adorer ça : elle a passé sa 2ème nuit littéralement scotchée dessus, c’était ça ou la laisser désemparée en pleurs, vite vu…. L’équipe de nuit me conseille de lui donner la tétine, mais je suis une tototte géante et ça me comble lol !